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Qui sommes-nous ?

Latitude Jeunes est une Organisation de Jeunesse reconnue par la Fédération Wallonie-Bruxelles et partenaire de Solidaris. Elle propose des activités, des vacances, des informations, des formations et des animations aux enfants et aux jeunes (3-25 ans).

Latitude Jeunes s'adresse également aux professionnels de la jeunesse en proposant des outils et des supports pédagogiques, des formations aux outils et des animations en milieu scolaire ou associatif.

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SERVICES OFFERTS AUX JEUNES

Des vacances : Latitude Jeunes propose des vacances (séjours et plaines) à des prix accessibles.
 
Des formations  : Une formation d’animateur de centre de vacances à partir de 16 ans et par la suite de coordinateur de centre de vacances ainsi que de la formation continuée. Il faut ajouter à cela diverses formations liées à des projets particuliers. 
 
Une possibilité de s’impliquer dans des projets : la Festi Team, , les bidons (groupe musical), les ateliers photos, les baby-sitters, les vacances solidaires et d’autres projets créés par les jeunes, pour les jeunes.
 
De l’accueil extrascolaire, des écoles de devoirs, des ateliers et des stages.
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Des informations :
Site internet pour les jeunes :  www.ifeelgood.be  
Des brochures incontournables (Manuel de survie en festival, Manuel de survie en kot…).

SERVICES OFFERTS AUX PROFESSIONNELS DE LA JEUNESSE
 
Outils et supports pédagogiques 
Nous développons des outils sur différentes thématiques : alimentation, les 5 sens, égalité filles–garçons, genre, dépendances-drogues, hypersexualisation, violences, études et emploi, justice sociale, fêtes et risques….
 
Des formations
Nous proposons des formations afin de vous permettre d'exploiter au mieux les outills que nous développons.
 
Des animations en milieux scolaire ou associatif
Sur le thème des assuétudes, la sécurité sociale, hypersexualisation, la conduite automobile responsable…




 PRISE DE POSITION


De la précarité à la prostitution étudiante

 

Latitude Jeunes, organisation de jeunesse partenaire de Solidaris et membre de son réseau associatif, prend position aujourd’hui sur la question de la prostitution étudiante. Thématique d’actualité (fermeture récente du site de sugardating « Rich Meet Beautiful »), la prostitution des étudiantes et étudiants est à mettre en lien avec la précarisation des jeunes aujourd’hui. Nous profitons donc du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, pour attirer l’attention sur la situation des premières personnes concernées par le phénomène : les jeunes filles en situation précaire.  

Latitude Jeunes pense qu’il est indispensable de ramener de la complexité dans une thématique qui reste à la fois peu connue et pourtant empreinte de beaucoup de préjugés. La prostitution étudiante est difficilement quantifiable, peu d’études existent sur le sujet. De plus, les étudiantes et étudiants qui se prostituent sont très discrets, peu nombreux à rechercher de l’aide et, lorsque c’est le cas, nous savons qu’ils ont déjà traversé les autres filets prévus par la protection sociale.

« Je pense qu’on peut parler de dignité. Je trouve ça indigne, moi, d’aller mendier de l’argent au CPAS. ‘’  Bonjour Mme lassistance sociale, je suis vraiment un pauvre, donne-moi de l’argent. ’’, en fait cest comme mendier en rue. Au moins, moi je vends quelque chose, je donne un service […].Donc, moi, je ne vais pas mendier pour rester dans la merde de toute façon. Je m’en sors, avec ma bite et mon cul, […] mais je m’en sors. C’est clair. Et j’emmerde ceux qui veulent me retirer mon honneur, me forcer à mendier. C’est tout. » [1]


En tant qu’organisation de jeunesse, nous sommes interpellés par ce discours des étudiantes et étudiants déclarant être actrices et acteurs de leur vie par le biais de l’activité de la prostitution : « je vaux quelque chose », tandis que l’aide sociale leur renvoie une image dégradante d’elles et eux-mêmes, les stigmatisant. Cette problématique du non-recours aux droits et aux services traduit une société où le principe d’équité n’est pas encore socialement accepté. Il concerne toutes celles et ceux qui, loin de « profiter » des aides sociales, ne les activent pas. Phénomène plutôt méconnu en regard de l’obsession de l'assistanat [2]
 , véhiculée par certaines classes politiques !

Dans ce cadre, Latitude Jeunes considère la prostitution étudiante essentiellement comme une forme de violence dont les plus fragilisés, les jeunes et les femmes en situation précaire en premier lieu, sont les victimes principales. Cette forme d’activité s’inscrit dans un contexte d’ubérisation des services, permettant aux clients et aux prestataires des transactions rapides par l’utilisation des technologies.

 

Au vu de ces différents éléments, Latitude Jeunes souhaite se positionner sur les points suivants :

1.      La protection sociale

Latitude Jeunes défend une protection sociale forte, solidaire, pour toutes et tous, qui ne laisse personne au bord du chemin. Nous nous posons donc des questions fondamentales sur le développement des plateformes de services (de type Uber, Deliveroo, AirBnB… dites de l’économie collaborative), qui offrent des conditions de travail précaires à ses prestataires et ne contribuent pas économiquement au financement de la protection sociale.

Latitude Jeunes défend un financement solide et pérenne de l’enseignement et de la protection sociale afin que toutes et tous aient la possibilité de développer leur autonomie sans avoir recours à des moyens qu’elles et ils ne souhaitent pas.

Latitude Jeunes est favorable à une individualisation des droits sociaux afin de ne pas maintenir les plus fragilisés dans une situation de dépendance.

Latitude Jeunes souhaite augmenter les ressources et les informations à disposition des jeunes pour qu’elles et ils puissent accéder aux alternatives de la prostitution étudiante en ayant :

-        une meilleure connaissance du système (complexe) de la protection sociale en Belgique ;

-        une connaissance des bons interlocuteurs qui peuvent les accueillir sans jugement et les accompagner dans leurs démarches.

Latitude Jeunes y contribue notamment via ses animations et la brochure « Manuel de survie après l’école » http://www.ifeelgood.be/Brochures/Pages/ecole.aspx.

2.      La situation financière des étudiants et leur rapport à l’argent

Latitude Jeunes soulève la nécessité de financer des études permettant de mieux cerner le phénomène de la prostitution étudiante et, plus largement, de disposer d’informations du type Baromètre de Solidaris[1] pour mesurer le niveau de précarité des étudiantes et des étudiants.

 

Latitude Jeunes, dans le but d’accompagner les jeunes vers une démarche critique, souhaite les faire réfléchir :

-    au rapport à l’argent dans une société consumériste, au sens d’une addiction à l’argent ;

-        à ce qui peut être consommé/vendu en rapport avec le corps humain et la santé ;

-        au sens de la protection sociale et aux représentations qu’on pourrait en avoir.


Latitude Jeunes veut également modifier l’image dénigrante du choix du recours à une aide sociale en tant qu’alternative et briser les préjugés qui y sont liés.  

3.      Les stéréotypes

Latitude Jeunes veut intervenir dans la sphère publique pour dénoncer des stéréotypes, notamment sexistes, qui offrent un décor propice à la prostitution étudiante. Certains médias mettent en avant des relations de pouvoir en développant des stéréotypes liés aux hommes virils et violents et aux femmes soumises et valorisées uniquement par leur côté sexy ou aguichant. User de ces ficelles commerciales renforce les représentations que les gens se construisent sur les relations femmes-hommes et finit par légitimer une situation inégalitaire et violente à l’égard des femmes.

4.      Le développement des compétences psychosociales

La plupart des étudiantes interrogées présentent une faible ou très faible estime d’elles-mêmes, et déclarent que l’activité de prostitution leur permet de renforcer celle-ci[3]. Si cela peut être le cas dans un premier temps, nous pensons que les violences subies par ces jeunes, dans un contexte qui n’est pas légal et qui ne peut donc être dénoncé, portera atteinte à leur intégrité physique et mentale sur le long terme. En tant qu’organisation de jeunesse, nous souhaitons que les jeunes puissent trouver des moyens de prendre confiance en elles et eux, autrement que dans une relation à l’argent.

Latitude Jeunes soutient la généralisation de l’Education à la Vie Relationnelle Affective et Sexuelle (EVRAS) dès le plus jeune âge afin de développer les compétences psychosociales chez les jeunes. Ces compétences mobilisent les ressources sociales (concernant la relation avec les autres et la capacité à communiquer), affectives (relatives aux émotions, à la manière de percevoir les choses) et cognitives (ayant trait à la pensée et au regard critique).

Latitude Jeunes soutient l’accès à des structures comme les centres de planning familial ou les centres de santé mentale, où les étudiantes et étudiants prostitués peuvent trouver une écoute non jugeante et à un prix démocratique.


[1] Ch. LEROIJ et R. MAES, Étude relative aux nouvelles formes de prostitution à Bruxelles,

et visant à l’obtention de données comparatives à l’égard de la prostitution et de la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle au sein de 3 villes européennes, CFS.EP, 2016.
[2] Institut Solidaris, Baromètre Confiance & Bien-être 2018, [http://www.institut-solidaris.be], février 2018. ​
[3] M. STIENNE, « Le travail du sexe comme job étudiant : motivations et vécu d'étudiants engagés dans le système prostitutionnel en Belgique francophone », Université de Mons, Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation, Mons, 2015. ​